Cyberharcèlement visant Brigitte Macron : dix condamnations prononcées à Paris

0
44

La justice a tranché. Lundi 5 janvier, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu dix personnes coupables de cyberharcèlement à l’encontre de Brigitte Macron, à la suite de la diffusion massive, sur les réseaux sociaux, de rumeurs mensongères portant sur son identité de genre et sa vie privée.

Les prévenus, âgés de 41 à 65 ans, ont pour la plupart écopé de peines de prison avec sursis, allant de quatre à huit mois. L’un d’entre eux, absent lors de l’audience, a en revanche été condamné à six mois de prison ferme. Le tribunal a estimé que les faits constituaient un harcèlement caractérisé, en raison de leur répétition, de leur caractère injurieux et de leur large diffusion en ligne.

Au cœur du dossier figure une série de messages affirmant, sans aucun fondement, que l’épouse du président Emmanuel Macron serait née de sexe masculin. Certains commentaires associaient également, de manière fallacieuse, la différence d’âge au sein du couple présidentiel à des accusations de pédophilie. Des publications qualifiées par la juridiction de « particulièrement dégradantes, insultantes et malveillantes », et consultées, pour certaines, des dizaines de milliers de fois.

Si Brigitte Macron n’a pas assisté au procès, qui s’est tenu sur deux jours à l’automne, elle a expliqué sa démarche dans une interview accordée à TF1. Elle y indiquait avoir engagé ces poursuites pour « montrer l’exemple » face à la banalisation du harcèlement en ligne. Sa fille, Tiphaine Auzière, est venue témoigner à la barre, évoquant l’impact profond de cette campagne sur la vie quotidienne de sa mère et la difficulté d’ignorer des propos qu’elle a qualifiés de violents et omniprésents.

Parmi les condamnés figure Delphine Jegousse, 51 ans, connue sur internet sous le pseudonyme d’Amandine Roy. Se présentant comme médium et auteure, elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis. Les juges estiment qu’elle a largement contribué à la diffusion de ces rumeurs, notamment à travers une vidéo de plusieurs heures publiée sur YouTube en 2021, dans laquelle elle soutenait que Brigitte Macron n’aurait jamais existé et que son frère aurait usurpé son identité après un changement de sexe.

Autre figure centrale du dossier, Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan sur les réseaux sociaux, a écopé de huit mois de prison avec sursis. Son compte sur la plateforme X avait été suspendu en 2024, après son implication dans plusieurs procédures judiciaires. Les autorités le considèrent comme l’un des relais majeurs de cette campagne de désinformation.

Le profil des autres prévenus illustre la diversité des auteurs de ce cyberharcèlement : un galeriste, un enseignant, un informaticien ou encore un élu local. Plusieurs ont tenté de minimiser leurs propos, invoquant l’humour ou la satire, une ligne de défense rejetée par le tribunal au regard de la répétition et de la portée des messages.

Cette affaire s’inscrit dans un phénomène plus large de théories complotistes circulant depuis plusieurs années, prétendant que la Première dame serait née sous le nom de Jean-Michel Trogneux, en référence à l’identité de son frère. Des rumeurs qui ont dépassé les frontières françaises. Les époux Macron ont ainsi engagé une action en diffamation aux États-Unis contre l’influenceuse conservatrice Candace Owens, qui a relayé des affirmations similaires dans son podcast et sur les réseaux sociaux.

Par cette décision, la justice française envoie un signal clair : la diffusion massive de fausses informations ciblant une personne, même sous couvert d’opinion ou d’humour, peut constituer un délit pénalement sanctionné.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.