Le métal précieux continue son ascension. Lundi 26 janvier, le cours de l’or a dépassé symboliquement les 5 000 dollars l’once — un nouveau record historique — soutenu par un climat international instable et par la perte de vitesse du dollar américain.
Considéré comme une valeur refuge en période de turbulence, l’or profite depuis deux ans d’un regain d’intérêt constant. En janvier 2024, l’once oscillait encore autour des 2 000 dollars. Deux ans plus tard, la hausse dépasse les 150 %. Vers 4 h 30 (heure de Paris), le métal jaune s’échangeait à 5 080 dollars, après avoir touché un pic à plus de 5 093 dollars dans la nuit.
Un refuge face aux tensions géopolitiques
Cette flambée s’explique par une accumulation d’incertitudes. Les tensions géopolitiques et commerciales provoquées par l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ont alimenté les achats d’or, surtout depuis que Washington a menacé ses alliés européens de sanctions douanières. Le président américain a également suscité l’inquiétude en évoquant l’idée d’un contrôle américain sur le Groenland, provoquant un tollé diplomatique.
Même le relatif apaisement enregistré ces derniers jours lors du Forum économique mondial de Davos — où Donald Trump a mis en pause son offensive commerciale — n’a pas pesé sur le marché. Les investisseurs restent sensibles aux tensions en Ukraine, au Proche-Orient et en Iran, autant de foyers susceptibles de fragiliser davantage l’économie mondiale.
Le dollar et les obligations en perte d’attractivité
L’environnement américain contribue aussi au rebond du métal précieux. Les revirements de l’administration Trump ont créé un climat d’incertitude intérieure, détournant une partie des investisseurs du dollar et des obligations d’État, pourtant traditionnellement perçus comme des placements refuges. L’or s’impose alors comme alternative, dans un contexte où personne ne semble vouloir prendre le risque d’un choc politique ou financier supplémentaire.
Pour l’heure, aucun analyste ne s’avance sur un plafond potentiel. Tant que les tensions géopolitiques resteront vives et que la politique américaine entretiendra le doute, les acheteurs pourraient continuer de se tourner vers le métal jaune.
