Les Seattle Seahawks ont retrouvé les sommets dimanche soir en s’imposant nettement face aux New England Patriots (29-13) lors du Super Bowl disputé à Santa Clara, en Californie. Portée par une défense étouffante et une attaque méthodique, la franchise de l’État de Washington décroche le deuxième titre de son histoire, dix ans après son premier sacre.
Dans un stade chauffé à blanc, le duel a d’abord ressemblé à un bras de fer tendu, dominé par la prudence et la rigueur défensive. À la pause, aucun touchdown n’avait encore été inscrit et Seattle menait de justesse 9-0, uniquement grâce au jeu au pied. Un scénario frustrant pour les supporters des Patriots, venus avec l’espoir d’assister à un septième sacre historique.
La rencontre a toutefois basculé au retour des vestiaires.
Seattle a progressivement pris l’ascendant, imposant son rythme et profitant des difficultés offensives de son adversaire. La défense des Seahawks a multiplié les pressions, forçant les erreurs et coupant systématiquement les lignes de progression de l’attaque de la Nouvelle-Angleterre.
Pour les Patriots, la soirée avait une dimension particulière. La franchise rêvait de renouer avec la gloire qui l’avait portée au sommet de la National Football League durant près de deux décennies, notamment sous l’ère de Tom Brady. Cette fois, le poids de l’héritage semblait trop lourd.
Aligné au poste de quarterback, Drake Maye, pourtant l’un des joueurs les plus en vue de la saison régulière, a vécu un match compliqué. Sous pression quasi permanente, le jeune meneur de jeu de 23 ans a peiné à installer son attaque et à trouver ses receveurs dans le rythme. Harcelé par le pass rush de Seattle, il a été contraint de précipiter plusieurs lancers, offrant à la défense adverse l’occasion de réaliser des interceptions décisives.
Après avoir creusé l’écart essentiellement au pied, les Seahawks ont définitivement fait la différence dans le dernier quart-temps. Chaque tentative de retour des Patriots a été immédiatement contrée, donnant au score une ampleur qui ne reflète pas totalement la tension du début de match.
L’attaque de Seattle a, elle, affiché une remarquable sobriété. Le quarterback Sam Darnold, auteur d’un touchdown, a parfaitement géré les temps forts sans chercher l’exploit individuel. Arrivé dans le nord-ouest des États-Unis après plusieurs passages infructueux dans d’autres franchises, il savoure aujourd’hui une trajectoire que peu d’observateurs auraient osé prédire.
« C’est incroyable de vivre ça après tout ce que j’ai traversé dans ma carrière », a-t-il confié, visiblement ému, quelques minutes après le coup de sifflet final.
Mais le véritable moteur offensif de Seattle s’est appelé Kenneth Walker III. Le running back a martyrisé la défense adverse au sol, accumulant 135 yards ballon en main. Sa puissance et sa capacité à gagner de précieux yards après contact ont permis aux Seahawks de contrôler l’horloge et d’user progressivement leur adversaire. Élu joueur du match, il a résumé l’état d’esprit du vestiaire : « On a traversé beaucoup d’adversité cette saison. Le groupe est resté soudé, et aujourd’hui on est récompensés. »
La précision du kicker Jason Myers a également pesé lourd. Avec cinq coups de pied réussis, un record dans ce Super Bowl, il a transformé chaque opportunité en points, empêchant les Patriots de rester au contact.
La rencontre s’est déroulée devant 75 000 spectateurs au Levi’s Stadium, dans une ambiance mêlant ferveur sportive et grand spectacle. Comme le veut la tradition, la mi-temps a occupé une place presque aussi importante que le match lui-même.
Le show a été assuré par Bad Bunny, qui a livré une prestation énergique célébrant la culture portoricaine. Un choix artistique qui a suscité des réactions politiques, notamment de la part de Donald Trump, absent de la rencontre.
En tribunes, la dimension planétaire de l’événement se mesurait aussi à la liste des invités. Parmi les personnalités aperçues figuraient Roger Federer, Cardi B, Pedro Pascal, Jessica Alba, Jay-Z et Justin Bieber.
Pour Seattle, ce succès marque un retour au premier plan après plusieurs saisons irrégulières. Dix ans après leur unique titre, les Seahawks confirment qu’ils ont su se réinventer, autour d’un collectif discipliné et d’une défense redevenue l’une des plus redoutées de la ligue. Les Patriots, eux, devront encore patienter pour renouer avec la gloire qui a longtemps fait leur légende.
