L’économie française a fait du surplace au deuxième trimestre 2026. L’Insee a revu à la baisse ses précédentes estimations, avec une croissance désormais nulle entre avril et juin, après une contraction de 0,2 % au premier trimestre. La France évite donc techniquement la récession, mais son activité est restée quasiment à l’arrêt pendant les six premiers mois de l’année.
La situation économique française apparaît plus fragile qu’initialement estimé. Dans ses résultats détaillés publiés vendredi, l’Insee indique que le produit intérieur brut n’a finalement enregistré aucune croissance au deuxième trimestre 2026.
L’Institut tablait auparavant sur une progression de 0,2 % entre avril et juin. Cette estimation est désormais ramenée à 0,0 %.
La révision concerne également le début de l’année. Le PIB du premier trimestre aurait diminué de 0,2 %, alors que le recul avait jusqu’ici été évalué à 0,1 %.
Ces nouveaux chiffres placent l’économie française à proximité immédiate d’une récession technique.
La France évite deux trimestres consécutifs de contraction
La définition couramment utilisée d’une récession technique correspond à deux trimestres consécutifs de diminution du produit intérieur brut.
La France n’est donc pas formellement en récession : après une contraction de 0,2 % au premier trimestre, son PIB s’est stabilisé au deuxième. Une très légère baisse de l’activité entre avril et juin aurait toutefois suffi à faire basculer le pays dans cette situation.
Sur l’ensemble du premier semestre, le constat reste celui d’une économie particulièrement peu dynamique.
L’Insee explique notamment la révision de ses estimations par de nouvelles données concernant la production agricole. Celle-ci s’est révélée plus dégradée que ce que les informations disponibles à la fin du mois de juillet laissaient penser.
L’évolution des prix de certains services marchands, notamment dans les transports, a également conduit l’Institut à revoir ses calculs.
La consommation des ménages retrouve quelques couleurs
Dans ce contexte difficile, la consommation des ménages apporte néanmoins un soutien à l’activité.
Après avoir reculé de 0,3 % au premier trimestre, elle a progressé de 0,3 % entre avril et juin.
Les dépenses des administrations publiques ont également augmenté de 0,4 %, après une hausse de 0,3 % durant les trois premiers mois de l’année.
L’investissement reste en revanche orienté à la baisse. Il diminue de 0,3 % au deuxième trimestre, même si le recul est moins marqué que celui enregistré précédemment, qui atteignait 0,8 %.
Au total, la demande intérieure hors variation des stocks a apporté une contribution positive de 0,2 point à l’évolution du PIB. Elle avait au contraire amputé la croissance de 0,3 point au trimestre précédent.
Les exportations soutenues par l’aéronautique
Le commerce extérieur constitue l’un des principaux éléments positifs du deuxième trimestre.
Les exportations françaises ont augmenté de 2,9 %, après avoir chuté de 3 % au cours des trois premiers mois de l’année. Cette reprise est notamment portée par les performances du secteur aéronautique.
Les importations progressent également, mais beaucoup moins rapidement, avec une hausse de 1,1 % après une diminution de 0,6 %.
Cette différence permet au commerce extérieur d’apporter une contribution positive de 0,6 point à l’évolution du PIB. Au premier trimestre, son impact avait été négatif à hauteur de 0,9 point.
Malgré cette amélioration, elle n’a pas suffi à permettre à l’économie française de renouer avec la croissance.
Le pouvoir d’achat recule
Les chiffres concernant les ménages sont également contrastés.
Si leur consommation progresse, leur pouvoir d’achat par unité de consommation diminue de 0,5 % au deuxième trimestre, après un premier recul de 0,1 % entre janvier et mars.
Les Français ont parallèlement moins épargné. Le taux d’épargne des ménages est passé de 17,9 % au premier trimestre à 17,2 % au deuxième.
Cette diminution s’explique par la combinaison d’une consommation plus importante et d’un pouvoir d’achat en baisse. Les ménages ont ainsi puisé davantage dans leurs ressources pour maintenir leurs dépenses.
Une croissance encore très fragile pour 2026
Depuis le début de l’année, l’acquis de croissance s’établit désormais à seulement 0,3 %.
La demande intérieure hors stocks contribue positivement à hauteur de 0,2 point, tout comme le commerce extérieur. À l’inverse, les variations de stocks retirent 0,1 point à la croissance.
Ces données illustrent la faible marge dont dispose désormais l’économie française. La consommation et les exportations permettent pour le moment d’éviter une contraction plus marquée, tandis que l’investissement demeure en retrait.
La trajectoire du troisième trimestre sera donc particulièrement surveillée. Après six mois pratiquement sans croissance, un nouveau recul du PIB confirmerait la persistance des difficultés de l’économie française et renforcerait les inquiétudes sur sa capacité à retrouver une dynamique plus solide d’ici la fin de l’année.
