Faire fonctionner son lave-linge pendant la nuit ou programmer son lave-vaisselle aux heures creuses est devenu un réflexe pour de nombreux Français. Pourtant, ces habitudes ne garantissent pas des économies importantes sur la facture d’électricité. La rentabilité de cette option tarifaire dépend surtout des équipements du logement et de la capacité des ménages à déplacer leur consommation.
Près de 14,5 millions de foyers français disposent d’un contrat d’électricité distinguant les heures pleines des heures creuses. Le principe est simple : pendant huit heures chaque jour, le prix du kilowattheure est réduit. En contrepartie, l’électricité coûte davantage durant les seize heures restantes.
Mais cette formule n’est pas systématiquement avantageuse. Pour certains ménages, les économies réalisées en programmant leurs appareils électroménagers ne suffisent pas à compenser le surcoût de l’électricité consommée pendant les heures pleines.
Des économies limitées avec le lave-linge
Contrairement aux idées reçues, faire tourner ses machines pendant la nuit ne permet pas nécessairement de réaliser des économies significatives.
Selon une estimation présentée sur TF1, un foyer effectuant trois lessives par semaine pendant les heures creuses économiserait environ huit euros par an. Un montant particulièrement faible au regard des contraintes liées à la programmation des appareils.
Cette différence s’explique notamment par la part relativement modeste de l’électroménager dans la consommation électrique totale d’un logement. Les appareils utilisés quotidiennement, comme le lave-linge ou le lave-vaisselle, ne représentent généralement qu’une fraction des dépenses énergétiques du foyer.
À l’inverse, les équipements utilisés pendant les heures pleines, notamment pour cuisiner, peuvent réduire les gains obtenus pendant la nuit.
Le chauffe-eau, principal levier d’économies
Pour rentabiliser un contrat heures pleines/heures creuses, certains équipements jouent un rôle bien plus important que les appareils électroménagers traditionnels.
C’est notamment le cas du chauffe-eau électrique, dont le fonctionnement peut être programmé pendant les périodes où l’électricité est la moins chère. Pour une famille de quatre personnes, les économies annuelles pourraient atteindre 132 euros, selon l’estimation présentée par TF1.
La recharge d’un véhicule électrique constitue également un levier important. En programmant celle-ci durant les heures creuses, les automobilistes peuvent réduire sensiblement le coût de leurs déplacements.
Les logements équipés d’une piscine ou de dispositifs de chauffage électrique pilotables peuvent aussi tirer avantage de cette tarification, à condition d’adapter suffisamment leurs horaires de fonctionnement.
Au tarif réglementé de l’électricité, l’option devient généralement intéressante lorsqu’au moins 25 % de la consommation totale intervient pendant les heures creuses. Ce seuil, applicable depuis les évolutions tarifaires de février 2026, peut toutefois varier selon les offres commerciales.
Des horaires qui évoluent jusqu’en 2027
La rentabilité de cette option doit également être appréciée à la lumière de la réforme engagée par Enedis.
Depuis novembre 2025, les plages d’heures creuses sont progressivement réorganisées afin de mieux correspondre aux périodes pendant lesquelles l’électricité est disponible en abondance.
Alors que ces horaires étaient historiquement concentrés pendant la nuit, certains créneaux sont désormais déplacés en journée, notamment entre 11 heures et 17 heures. Cette évolution vise à tirer davantage parti de la production d’électricité solaire.
La réforme doit se poursuivre jusqu’en octobre 2027. Les consommateurs continueront de bénéficier de huit heures creuses quotidiennes, dont au moins cinq heures consécutives pendant la nuit.
Les horaires attribués peuvent néanmoins différer selon les logements et les saisons. Les fournisseurs d’électricité sont chargés d’informer les abonnés concernés avant toute modification.
Comment savoir si son contrat est rentable ?
Avant de conserver ou de souscrire une offre heures pleines/heures creuses, il est donc préférable d’évaluer précisément ses habitudes de consommation.
Les ménages peuvent consulter leur facture d’électricité ou leur espace client pour connaître la répartition de leur consommation entre les différentes plages horaires.
Le médiateur national de l’énergie propose également un outil permettant de comparer les coûts de l’option Base, avec un prix identique tout au long de la journée, et ceux de l’option heures pleines/heures creuses.
Cette comparaison permet notamment de déterminer si les économies réalisées avec un chauffe-eau, une voiture électrique ou des appareils programmables compensent le prix plus élevé de l’électricité pendant la journée.
Car si les heures creuses peuvent constituer un véritable moyen de réduire ses dépenses énergétiques, leur intérêt repose avant tout sur le profil de consommation du foyer. Programmer quelques lessives pendant la nuit ne suffit pas toujours à faire la différence.
