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Le leader d’ADP-Maliba s’est attiré les foudres d’une partie de l’opposition en acceptant de tourner la page de la crise post-électorale et d’initier un dialogue avec le président Ibrahim Boubacar Keïta pour remettre le pays en ordre de marche. Raison et modération qui représentent la seule voie possible pour faire sortir le Mali de la crise et préparer l’alternance.

La politique de posture ne fait plus recette. Soumaïla Cissé peut s’enfermer dans sa tour d’Ivoire et contesté autant qu’il veut les résultats du scrutin présidentiel, la réalité s’impose à tous : IBK est le président du Mali. Elu sur la base de fraudes généralisées, certes ! Ne disposant pas d’une assise politique majoritaire, évidemment ! Mais les faits n’en sont pas moins têtus et c’est bien lui qui occupe le fauteuil présidentiel.

La contestation systématique des résultats du scrutin est une impasse pour Soumaïla Cissé et pour la frange de l’opposition qui a choisi de le suivre. Cela n’apportera pas une voix de plus à leur champion lors des législatives, et cela affaiblit durablement l’opposition en la cantonnant dans le camp des grincheux qui refusent de voir la réalité en face.

Si Soumaïla Cissé avait voulu véritablement contesté les résultats de ces élections, où des fraudes massives ont été constatées un peu partout, c’est au soir du premier tour qu’il aurait dû le faire. A l’unisson avec l’ensemble des autres candidats d’opposition qui avaient appelé à boycotter le second tour. En acceptant de se soumettre à une élection, qu’il savait truquée, c’est Soumaïla Cissé qui a légitimé la victoire présidentielle d’IBK. Le pompier pyromane.

Face à cette posture de l’irréductible opposant, que Soumaïla Cissé met et enlève au gré des opportunités, l’attitude d’Aliou Diallo est respectable à plusieurs titres. D’abord parce qu’il n’a que des coups à prendre de la part des aigris de tous les camps. Ensuite parce que le Mali a besoin de retrouver une certaine sérénité politique pour pouvoir faire face aux défis qui se présentent.

Il ne faut jamais oublier qu’Aliou Diallo, l’homme d’affaires, n’est venu à la politique qu’en réaction à la crise sécuritaire et pour ne pas rester impuissant face au délitement du Mali. Au travers de son ONG d’abord, puis par son implication politique auprès d’ADP-Maliba. Ce n’est pas un politicien professionnel qui a besoin d’un poste ou d’un mandat pour vivre. Il souhaite le succès du Mali et est prêt à se mouiller si la situation le justifie.

Or, quelle est la situation aujourd’hui ? IBK ressort, quoi qu’il en dise ou pense, fortement affaibli de cette séquence électorale catastrophique. Dans les faits, incapable de gagner dès le premier tour, il n’a pas de majorité dans le pays. C’est un problème pour lui, mais peut-être une chance pour le Mali. IBK l’arrogant va devoir mettre de l’eau dans son vin. Il va devoir dialoguer avec une opposition constructive, et faire des concessions.

Aliou Diallo a parfaitement conscience de cette donne politique. En acceptant la main tendue par IBK, il lui impose de tenir parole et évite à toute l’opposition le piège tendu par un président qui aimerait bien que l’opinion publique s’imagine qu’elle est systématique et qu’elle n’est pas prête à faire des concessions pour le bien du pays.

En creux, on voit bien que les stratégies respectives d’Aliou Diallo et de Soumaïla Cissé mènent l’opposition dans deux directions opposées. Soit la radicalité et l’isolement, soit l’ouverture d’esprit pour tenter de faire avancer le pays et pour ne pas laisser la totalité du champ politique à IBK et à ses troupes.

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